Pablo le chef qui monte

Parmi les quelques chefs d’orchestre qui montent en ce moment, il en est un qui monte sans doute plus que les autres : il s’agit de l’espagnol Pablo Heras-Casado. Cet andalou né en 1972 vient de prendre la direction du prestigieux Festival de Grenade, sa ville natale. L’été dernier il a fait ses débuts aux Proms après avoir dirigé une Carmen remarquée au Festival d’Aix pour une première collaboration avec l’Orchestre de Paris. Selon nos informations, il reviendrait d’ailleurs en 18/19 diriger cet ensemble, un signe qui ne trompe pas. Père depuis peu d’un jeune garçon, la maman étant une journaliste espagnole d’origine basque, il n’hésite pas à se faire photographier dans la presse espagnole. Il faut dire qu’en plus il a belle allure. Parlant un excellent français comme le montre cet entretien réalisé à Berlin en 2011 https://www.digitalconcerthall.com/en/concert/2461#watch:2461-5 il fait partie de ses chefs qui s’intéressent à tous les répertoires et dirigent tous types d’ensembles sans dogmatisme musicologique ni d’ailleurs de baguette !

Il débute la musique en chantant à l’école puis en étudiant le piano au conservatoire de Grenade. Il appartient un temps à un excellent et réputé choeur amateur barcelonais, Liedercàmara. Il se forme tôt d’abord en direction de choeur avec Harry Christophers, puis auprès de Christopher Hogwood. Il fonde un premier ensemble dans le milieu des années 90, puis devient chef assistant à l’Orchestre des jeunes d’Espagne avant de fonder 2 autres ensembles en 2004 et 2007. Après avoir remporté un prix de direction à Lucerne en 2007, où il se forme plusieurs années durant auprès de Pierre Boulez, sa carrière prend rapidement une dimension internationale. Il dirige à Paris le Philharmonique de Radio France dès 2009 et plus tard l’ensemble Intercontemporain. En 2011 il fait ses débuts avec les Berliner Philharmoniker et dirige pour la première fois le St Luke’s Orchestra, un ensemble new-yorkais, qui l’engage de suite comme directeur musical, fonction qu’il vient d’abandonner. Ces multiples activités dans des lieux différents expliquent sans doute qu’il est parfois surnommé « L’andalou volant ».

En 2013, il fait ses débuts au Metropolitan dans Rigoletto puis devient en 2014 chef associé au Teatro Real de Madrid, avant de devenir un an plus tard directeur musical de cette institution, fonction qu’il occupe toujours actuellement. En 2016 il débute avec l’Orchestre Philharmonique de Vienne, l’Orchestre philharmonique d’Israël et les grands orchestres américains. En novembre dernier il a dirigé la Staatskapelle Berlin à la salle Pierre Boulez dans un programme de musique du XX ème siècle. Il entretient aussi des liens privilégiés avec le Freiburg Baroque Orchestra et Balthasar Neumann Chor et Ensemble de Thomas Hengelbrock. On a aussi appris en décembre dernier que les 2 institutions qu’il dirige, le Festival de Grenade et le Teatro Real de Madrid, avaient signé un accord de coopération pour les quatre années à venir.

La discographie de Pablo Heras- Casado est déjà très riche et montre son éclectisme puisqu’elle va de Monteverdi et Praetorius à Weill et Chostakovitch en passant par Wagner, qu’il dit vouloir aborder plus largement dans les années qui viennent, Verdi, Mendelssohn, un de ses compositeurs fétiches (il dirigera Elias le 6 avril prochain à la Philharmonie de Paris) et Tchaïkovski.

Intéressez-vous à cette belle et attachante personnalité vous ne devriez pas être déçus !

La rédaction le 5/1/2018