Nom : Stanford, Prénom : Charles Villiers

Autant l’avouez d’emblée le nom de Sir Charles Villiers Stanford m’était inconnu jusqu’à ces jours derniers. Devant rédiger pour ConcertoNet un commentaire d’un CD récemment publié, quelle ne fut ma surprise de découvrir une musique absolument magnifique et très attachante. Au programme de cet enregistrement figurent le Stabat Mater, un « Song of the Soul », deux œuvres de la maturité, et «The Resurrection » le premier opus choral significatif du compositeur. On perçoit encore dans «Song of the Soul » et dans « The Resurrection » les influences de la musique germanique (Mendelssohn, Brahms et Wagner) alors que le « Stabat Mater », composé en pleine maturité, est plus personnel.

Sir Charles Villiers Stanford est né à Dublin en 1852 et mort à Londres en 1924. D’abord formé dans sa ville natale, il rejoint Cambridge en 1870 en classe d’orgue, tout en continuant à s’intéresser à la chose chorale en dirigeant la Société musicale de l’Université de Cambridge de 1871 à 1893. Sa première composition chorale « The Resurrection » a été écrite à Leipzig au cours d’un séjour durant lequel il se perfectionne auprès de Carl Reinecke. Remettant plusieurs fois l’œuvre sur le métier c’est la version définitive de 1876, revisitée par Jeremy Dibble, qui  a été enregistrée pour Naxos. Cette pièce utilise le poème de Gottlieb Klopstock dont se servira également Gustav Mahler pour sa seconde symphonie dite « Résurrection ».

Le Stabat Mater lui fut créé au Festival de Leeds en 1907 sous la baguette du compositeur. A l’époque ce festival rivalise avec le prestigieux Festival de Birmingham, qui d’ailleurs commandera à Stanford un Requiem en 1897, et qui a su attirer de célèbres compositeurs étrangers comme Mendelssohn, Dvorak, Bruch ou Gounod. Ces deux structures ont un commun de posséder un grand chœur symphonique amateur de bon niveau.

Ce Stabat Mater est curieusement appelé « symphonie-cantate », sans doute car  2 de ses mouvements sont dédiés au seul orchestre. D’une facture mettant en avant le coté dramatique du récit de Jacopone da Todi, l’œuvre frise parfois avec l’opéra, un genre dans lequel le compositeur s’est également beaucoup illustré.  Et la direction précise et engagée de David Hill met bien en lumière la richesse de l’orchestration comme la forme complexe de la musique de Stanford. Cette oeuvre magnifique et puissante, et si différente des autres Stabat Mater, est incontestablement à découvrir !

Gilles Lesur, le 25 juillet 2017