Philharmonie de Paris 17/18

La saison 17/18 de la Philharmonie de Paris a été annoncée récemment. Voici ici une sélection, nécessairement subjective, de cette belle programmation.

L’ouverture de saison sera faite par Sir Simon Rattle, qui fera à cette occasion ses adieux en tournée française en tant que directeur musical des Berliner Philharmoniker, d’abord le 2 septembre avec les symphonies 1 et 15 de Chostakovitch, puis  le 3 avec la Création de Haydn donné avec Accentus (!). Mi-septembre, il y aura un week-end Monteverdi (Orphée, Ulysse, Poppée) avec John Eliot Gardiner et le 22/9 les 3 trois grands ballets de Stravinski par Sir Simon Rattle et le LSO. Fin septembre, au cours d’un week-end thématique Shakespeare, l’Orchestre de Paris interprétera, sous la direction de Daniel Harding, une version de concert du Falstaff de Verdi avec Ambrogio Maestri dans le rôle-titre, ainsi que Christopher Maltman, Andrew Stapples et Barbara Frittoli.

A la mi-octobre, Thomas Hengelbrock dirigera l’orchestre de la Philharmonie de l‘Elbe, dont il est le titulaire, dans le prélude de Parsifal de Wagner et la symphonie Titan de Mahler. Quelques jours plus tard (le 23 octobre), Herbert Blomstedt dirigera le Wiener Singverein, dont ce sera la première apparition à la Philharmonie de Paris, dans le Requiem Allemand de Brahms, avec l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig qui donnera aussi le lendemain un programme symphonique (Triple concerto de Beethoven avec Kirill Gerstein, Gauthier Capuçon et Léonidas Kavakos et la grande symphonie N° 9 de Schubert) .

En novembre, on pourra entendre Léonore de Beethoven (7/11) avec René Jacobs, la symphonie Résurrection de Mahler par l’Orchestre Philharmonique de Radio France et Mikko Franck (10/11), la Première Nuit de Walpurgis (11/12 nov) par Thomas Hengelbrock, le chœur et l’Orchestre de Paris, associé à l’orchestre du CNSMDP et au choeur du COGE, et le Requiem de Duruflé par l’Orchestre National de Lyon, Leonard Slatkin et Ludovic Tézier (26/11).

Début décembre, l’Orchestre Métropolitain de Montréal et Yannick Nézet Séguin passeront lors d’une tournée européenne par Paris pour un week-end « Québec » avec un programme essentiellement français (Saint-Saëns, Debussy, Berlioz,….), donné notamment avec Marie-Nicole Lemieux et Jean Gilhen Queyras. La suite du mois permettra d’entendre le 15 décembre une Elektra avec Nina Stemme, Waltraud Meier et Matthias Goerne, sous la baguette de Mikko Franck, qui pourrait faire du bruit, suivi des Saisons de Haydn par Douglas Boyd et l’Orchestre de chambre de Paris et Accentus (16), puis par un Messie avec Jordi Savall (17) et le 18/2 de nouveau par le LSO avec Simon Rattle et cette fois Krystian Zimmerman dans un programme comprenant la seconde symphonie de Bernstein, un compositeur qui sera beaucoup joué en cette année 2018 centenaire de sa naissance. Le désormais traditionnel concert de Nöel de l’Orchestre de Paris sera consacré les 21 et 22 décembre à The Dream of Gerontius d’Elgar dirigé par Daniel Harding avec notamment Mme Kozena et Andrew Staples, un habitué de la Philharmonie de Paris depuis l’arrivée du chef britannique.

Il y aura aussi en 2018 l’Orchestre de la Scala avec Riccardo Chailly pour un programme symphonique russe Tchaikowsky, Chostakovitch et Stravinsky (26/1), les Cloches de Rachmaninov (couplées avec les Images de Debussy) par l’Orchestre de Paris et son choeur et le talentueux Gianandrea Noseda fin janvier, un Château de Barbe Bleue par l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg en février avec à nouveau Nina Stemme (18/2), l’Orchestre National du Capitole de Toulouse avec Tugan Sokhiev (6/3) dans le concerto de Tchaikowski avec Vadim Repim et la 12 ème symphonie de Chostakovitch, Mass de Bernstein par l’Orchestre de Paris et son choeur dirigés par Wayne Marshall (21 et 22/3)  une première de partie de Ring en version concert prévu sur 2 saisons  avec l’Or du Rhin  le 24 mars et la Walkyrie le 25 par Gergiev et le Mariinsky,  Elias de Mendelssohn avec Pablo Heras Casado, le RIAS Kammerchor et Matthias Goerne (6/4), le Requiem de Berlioz par le Philharmonique de Radio France et Mikko Franck (27/4), une neuvième de Beethoven couplée avec les Chichester Psalms de Bernstein par le Los Angeles Philharmonic, le London Symphony Chorus et Gustavo Dudamel (6/5), deux Requiem de Verdi, curieusement rapprochés dans le temps, d’abord par l’ONDIF, le choeur de l’Orchestre de Paris et Enrique Mazzola (20/5), et 3 semaines plus tard par Riccardo Chailly et le choeur et l’Orchestre de la Scala (7/6).

On sait aussi que Daniel Barenboïm terminera son cycle Bruckner avec la Staatskapelle de Berlin (8 et 9 èmes symphonies, respectivement les 9 et 10 septembre), puis viendra avec le Divan Orchestra pour Strauss et Tchaikowski (27/10), que Maurizio Pollini et Nelson Freire donneront un récital respectivement le 9 octobre et le 9 février, que l’Orchestre de Cleveland sera présent avec Franz Welser Möst (Mahler 6 le 16 octobre), celui de Philadelphie avec son directeur musical Yannick Nézet Séguin (28/5), le Royal Concertgebouw d’abord avec Semyon Bychkov et les sœurs Labèque (19/2) puis avec Danielle Gatti (17/5) dans une coproduction avec le CNSMDP) et l’Orchestre Philharmonique de Munich avec son nouveau chef Valery Gergiev (22/1, avec Anna Harteros pour les Wesendonck Lieder, Une vie de Héros et Tchaikowski) ainsi que Zubin Mehta et l‘orchestre Philharmonique d’Israël dans la cinquième symphonie de Mahler (11/6).

Sans oublier le concert participatif exceptionnel que vous attendez tous le 3 juin 2018 consacré par Simon Halsey, le charismatique chef du London Symphony Chorus,  au Messie de Haendel avec le Concerto Köln et le Rundfunkchor Berlin. Renseignements ici  :http://www.interkultur.com/events/2018/singalong-paris/

Si cette saison est magnifique, on s’étonnera tout de même d’un certain nombres de doublons (Requiem de Brahms, Symphonies 6 de Mahler, Symphonie 9 de Bruckner, Petrouchka) parfois même étonnamment rapprochés dans le temps (Requiem de Verdi) alors que par exemple les Quatres pièces sacrées de Verdi, Rinaldo ou la Rhapsodie de Brahms attendent toujours leurs créations à la Philharmonie. On pourra aussi entendre en cette saison 17/18, comme presque tous les ans à Paris, une presque intégrale des symphonies de Mahler, sauf la Symphonie des Mille toujours pas programmée…Mais qu’attend donc Daniel Harding ? On reconnait aussi dans cette saison la fidélité de Laurent Bayle à quelques grands artistes très présents notamment Daniel Baremboim (qui jouera aussi les Préludes de Debussy en janvier), Valery Gergiev, Simon Rattle, maintenant chef du LSO voisin, ou Tugan Sokhiev, présent comme tous les ans 2 fois cette année avec son orchestre toulousain. Dernière remarque : si Insula Orchestra a disparu de la programmtion du fait de l’ouverture prochaine de la Seine Musicale à l’Ile Séguin, Mme Equilbey a néanmoins laissé à la Philharmonie son choeur Accentus qui participera à 3 productions, dont la Création de Haydn avec Simon Rattle et les Berliner Philharmoniker. On la savait douée en affaires, c’est confirmé !

A l’Orchestre de Paris, les moments phares de cette saison anniversaire ne seront sans doute pas le concert anniversaire (1 et 2 novembre) des 50 ans, même gratuit, au programme austère (Berio avec un choeur professionnel anglais dont on se demande ce qu’il fait là dans ces circonstances, Stravinsky avec encore la Symphonie de Psaumes et une création de Vidmann), à l’exception d’une Mer de Debussy presque trop attendue, mais sans doute trois des concerts avec le choeur : Gerontius avec Daniel Harding, les Cloches avec Noseda et Mass, l’oeuvre déjantée de Bernstein avec Wayne Marshall. Question chefs, on remarquera que ceux de l’époque De Cottignies (Chailly, Van Zweden, Gergiev, Metzmacher, Lopez Cobos, Langrée, De Billy, Netopil…) ont malheureusement disparu à l’exception notable d’Herbert Blomstedt, qu’Eschenbach comme Dohnanyi, ce dernier malgré une nouvelle annulation cette saison, sont toujours invités (!) mais aussi que les nouveaux venus (Honeck, Norrington, Gilbert, Nott, Yu) n’ont ni le niveau de leurs prédécesseurs, ni celui des chefs de stature internationale (Nezet Séguin, Nelsons, Muti, Mehta, Petrenko, Fischer, Dudamel…) passant à la Philharmonie, à l’exception de Franz Welster Möst qui dirigera la 9 ème de Bruckner les 22 et 23 novembre. On attendra néanmoins avec intérêt les débuts avec cette phalange de Lahav Shani (20 et 21/9), le successeur de Yannick Nezet Séguin à Rotterdam, un ensemble qui a toujours bien choisi ses directeurs musicaux et de la jeune Karina Canellakis, gagnante 2016 du Prix Georg Solti et dont la carrière décolle de manière fulgurante. Car l’Orchestre de Paris, malgré le combat pour la parité menée par Mme Equilbey auprès des plus hautes instances de l’état, à réussi à éviter cette dernière au pupitre…!

Bonne et heureuse saison à tous et toutes!

La Rédaction, le 20/3/17

Toute la pogrammation et modalités de réservation ici : http://philharmoniedeparis.fr/fr